Le 19 avril, nous sommes allés visiter un morceau d’Histoire…
L’habitude est prise depuis longtemps au centre social Françoise-Dolto de profiter des vacances scolaires pour sortir de nos murs et aller voir des lieux qui méritent le détour.
Le musée de la Grande Guerre à Meaux en est un, et c’est avec un plaisir mêlé d’une certaine retenue que notre petit groupe (14 adultes et 2 ados) a gravi les marches qui mènent à l’entrée de cet édifice futuriste, au son de chants entonnés par une troupe de soldats invisibles qu’un haut parleur diffuse en sourdine.
Tout en métal, le musée surplomble la vallée de l’Ourq, à l’entrée nord de la ville, et s’avance telle une énorme météorite aux reflets d’acier délicatement échouée sur pilotis. On sent confusément, rien qu’à sa dimension que ce qu’on va y voir, à l’intérieur, est tragique et vertigineux.
C’est grâce à l’association « Cultures du coeur » que nous avons pu bénéficier des explications précieuses d’un médiateur culturel qui nous a accompagnés pendant 2 heures. Notre visite a ainsi débuté de façon étonnante par un véritable voyage dans le temps, proposé dans la première salle d’accès du musée. Là, sur un grand écran, on voit défiler à rebours, tous les événements qui, de 2011 à 1870, ont marqué notre époque : des guerres en pagaille, l’assassinat de Kennedy, le sourire de Martin Luther King, celui de Mandela, le 11 septembre, la chute du mur de Berlin, le voyage sur la lune… Les images vont vite. Le temps pédale à l’envers. Il se contracte. On est comme aspiré vers hier.
Ce retour en arrière nous mène ensuite dans une grande salle. Immense. Flanquée à l’entrée de soldats de 14, en marche, avec leurs costumes bariolés qui en faisaient des cibles de choix, et tout au bout, à la sortie, de ceux de 18, plus graves, sombres, mûris par l’horreur. Entre les deux, du matériel et des tranchées. On pénètre dans l’une d’elles, et soudain on expérimente, grâce à des jeux de son, de lumière et de projections cinématographiques, les impressions que ces hommes devaient éprouver quand il leur fallait s’extraire de ces cloaques pour partir à l’assaut dans le fracas des obus…
Longeant ce hall, une série d’espaces thématiques et de points vidéo d’archives commente et analyse : le rôle des femmes, les communications, l’armement, les armées coloniales, la santé, la propagande, le quotidien indicible. Mais ce qui fait la singularité de ce musée, c’est qu’il présente la collection de 50 000 pièces précieusement rassemblées par un homme de passion, Jean-Pierre VERNEY, qui toute sa vie s’est employé à garder trace de souvenirs personnels, anecdotiques et profondément humains. Cela change la perspective. Ainsi, au détour des allées, on a le sentiment d’approcher l’histoire racontée, non pas par un historien ou un conservateur, mais par un homme de mémoire et de patience, qui la restitue vue d’en bas, du côté du soldat, avec tout ce qui faisait sa vie dans cette folie.
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